Fraude fiscale · 3 min read · Jan 28, 2026

Les autorités françaises perquisitionnent les bureaux de Google à Paris dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale de 1,7 milliard de dollars

Coup dur pour Alphabet alors que les autorités françaises perquisitionnent le bureau de Google pour enquêter sur une fraude fiscale de 1,7 milliard de dollars

Après des mois d’accusations contre Google et sa société mère, Alphabet Inc., d’évasion fiscale de milliards de dollars en Europe, les autorités françaises ont perquisitionné hier Google pour fraude financière aggravée et blanchiment d’argent organisé.

La police française et deux douzaines d’experts en informatique ont perquisitionné les bureaux de Google à Paris mardi dans le cadre d’une enquête sur la fraude, le géant américain de l’Internet étant déjà soupçonné de devoir 1,6 milliard d’euros (1,7 milliard de dollars) en arriérés d’impôts.

Les autorités françaises soupçonnent Google de “fraude fiscale aggravée et de conspiration pour dissimuler (cela)”, a déclaré le service national des poursuites financières (PNF) dans un communiqué.

Les perquisitions donnent les premières indications claires sur la manière dont les pays européens vont procéder contre Google et d’autres entreprises technologiques qui évitent de payer des impôts. Les perquisitions seraient le point culminant de l’enquête de longue date de la France sur les affaires fiscales de Google. Le mandat révélé mardi indique que le géant du logiciel est soupçonné d’évasion fiscale en ne déclarant pas l’ampleur totale de ses activités dans le pays.

Les procureurs ont déclaré qu’ils voulaient établir si la société irlandaise par laquelle Google canalise la majorité de ses revenus européens contrôle en fait un “établissement permanent” en France.

Une porte-parole de Google a déclaré que “Nous respectons la législation française et coopérons pleinement avec les autorités pour répondre à leurs questions.”

Le point de discorde entre les autorités françaises et Google est son siège en Irlande, qui a certains des taux d’imposition des sociétés les plus bas d’Europe. Les autorités fiscales françaises allèguent qu’Alphabet et Google ne déclarent pas l’ampleur des affaires menées en France et les acheminent vers l’Irlande.

Le PNF a déclaré que l’enquête, lancée en juin 2015, visait à “vérifier” si Google Ireland Limited, “en ne déclarant pas une partie de son activité exercée sur le territoire français… a manqué à ses obligations fiscales, notamment en matière d’impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée”.

Google France a reçu une “notification” de l’enquête en mars 2014, qui ne donnait aucun chiffre précis. Ses bureaux ont déjà été perquisitionnés par les autorités françaises, en juin 2011, lors d’une enquête sur les transferts vers son siège irlandais.

Google a un passé de problèmes fiscaux. En janvier, Google a accepté de payer 130 millions de GBP (170 millions d’euros, 190 millions de dollars) en arriérés d’impôts en Grande-Bretagne après une enquête gouvernementale déclenchée par un tollé public. Un autre pays européen, l’Italie, a exigé plus de 200 millions d’euros de Google, qui est accusé d’avoir perpétré une fraude fiscale là-bas pendant des années.

Le procureur financier de l’État (PNF) a déclaré dans un communiqué : “Ces perquisitions font partie d’une enquête préliminaire ouverte le 16 juin 2015 concernant des actes de fraude financière aggravée et de blanchiment organisé de fraude financière aggravée, suite à une plainte des autorités fiscales françaises.”

Le PNF a confirmé qu’il avait dirigé l’opération, assisté par le bureau central de lutte contre la corruption et les crimes financiers et fiscaux (OCLCIFF) ainsi que 25 experts en informatique.

“L’enquête est axée sur la vérification de savoir si la société Google Ireland Ltd contrôle un établissement permanent en France et si, en ne déclarant pas une partie des activités menées sur le territoire français, elle a manqué à ses obligations fiscales, notamment en ce qui concerne les impôts sur les sociétés et la taxe sur la valeur ajoutée.”

Jusqu’à présent, Alphabet et Google ont réussi à échapper à l’étau fiscal en Europe grâce à des astuces financières, mais cette fois, il semble que les chances soient fortement contre eux.

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